mardi 8 janvier 2013

Balcon, clope, douche et néons qui clignotent

Je suis arrivée dans ce nouvel appartement en septembre.

Moment joyeux et libérateur qui me permis un soupçon immense d'intimité tranquille et de clopes sur le balcon.

Avec comme trame sonore les camions et autres véhicules lourds qui fréquentent l'avenue Papineau et vue sur le petit parc peuplé de structures métalliques et d'un mélange de gazon réel et de plastique synthétique rebondissant.

Des escaliers arrières en colimaçons, une pseudo ruelle, un poteau pour attacher ma bicyclette bleue, une poubelle noire, une banderole jaune célébrant le non-travail et trois colocataires amants et maîtresses des espaces collectifs d'Hochelaga.

Une chambre de bonne dimension, avec une grande fenêtre, un rideau blanc, une plinthe de calorifère, des planchers de bois francs.

Un îlot en mélanine dans une cuisine remplie de crochets et d'ustensiles utiles et efficaces. Un divan non-lit, un ordinateur commun sous Linux, un cinéma maison.

La belle vie.

La belle vie jusqu'à ce que le jour tombe et qu'un étrange clignotement m'intrigue, sous la douche, en plein exercice de démêlage de mes cheveux bouclés.

Je voyais en effet se refléter sur les carreaux remplis de dessins de parties du corps d'hommes qui se lavent, une lumière. Un lueur clignotante. Subtile, mais omniprésente.

Une fois ma toilette terminée, j'oubliai rapidement ce bref épisode de clignotement illuminé.

Mais une fois séchée et habillée, je compris. Je compris en sortant sur le balcon, après m'être habilement fabriquer une cigarette. Ce clignotement, cette lueur, qui allait plus tard meubler mon quotidien c'était:

"Le salaire de ton pécher, c'est l'enfer"